Cette semaine nous laissons la parole à Fabien Lazare, le président d’EDHEC Junior Etudes, la Junior-Entreprise de l’EDHEC :
Pouvez-vous présenter en quelques mots votre Junior-Entreprise ? Quels sont ses points forts sur le marché actuel ?
Forte de ses 42 ans d’expérience, EDHEC Junior Etudes (EJE) réalise des prestations de conseil en stratégie marketing, audit, finance et création d’entreprise. Elle regroupe 48 membres répartis sur deux sites : Lille (bon ok Croix-Roubaix !) et Nice. De par notre proximité géographique et la provenance des étudiants (oui beaucoup de parisiens s’échouent dans le grand nord), nous pouvons aussi intervenir facilement sur la région Ile-de-France. EJE s’adapte au développement et au dynamisme du groupe EDHEC : 1ère école en finance, 2ème auprès des entreprises, et autres classements subjectifs (mais qui font quand même plaisir à nos egos) et bénéficie aujourd’hui d’une forte reconnaissance auprès des entreprises : demande croissante et fidélisation client améliorée.
Nous disposons également de la norme ISO 9001 depuis 2005, qui est un gage de qualité auprès de nos clients et qui nous permet d’améliorer notre fonctionnement interne par des processus très structurés. Ainsi, nous souhaitons poursuivre cette dynamique par le développement de notre chiffre d’affaires tout en conservant un niveau de qualité irréprochable.
Quels sont les challenges auxquels votre Junior-Entreprise doit faire face aujourd’hui ?
Notre challenge actuel est de conserver le bien-être et l’épanouissement personnel des membres de l’association, malgré le développement de l’activité et l’investissement croissant nécessaire pour répondre à la demande.
D’une manière générale, les Junior-Entreprises souffrent d’une mauvaise réputation au sein de leur école : « requins », « polards », « no life », « geek » et autres termes, collent à la peau des Junior-Entrepreneurs. Cela n’est pas le cas dans notre école : EJE fait partie des plus grosses associations de l’EDHEC et chaque année plus de 200 candidats postulent pour en faire partie. Notre Junior-Entreprise est en train de franchir un cap (nombreux projets en interne et forte demande), ce qui oblige parfois les membres à tout mettre de côté. Or, ce n’est qu’à partir d’un équilibre entre l’investissement professionnel (au sein de la Junior-Entreprise) et l’épanouissement personnel (du cirage de bar en soirée, au concert de clarinette) que l’étudiant exprimera son meilleur potentiel.
Quelles sont les pistes de développement sur lesquelles vous travaillez actuellement ? Dans quel but ?
Contrairement à la plupart des JE, ce sont les membres d’EDHEC Junior Etudes (administrateurs) qui sont le plus souvent les réalisateurs. Les enquêteurs extérieurs s’occupent uniquement des phases terrains « pénibles » (administration de questionnaires etc.). Si ce système a beaucoup d’avantages, il a surtout pour principal inconvénient de « brider » notre activité : les administrateurs ont moins de temps à consacrer pour développer la structure à travers divers projets.
Nous avons donc commencé à nous tourner d’avantage vers les étudiants extérieurs réalisateurs, mais il nous faut trouver désormais le juste milieu au niveau du partage des tâches car le problème de la formation se pose. Un conseil pour les ingénieurs : rémunérez les administrateurs ! Même s’il s’agit que d’un seul JEH peu élevé, cela est toujours gratifiant pour le chef de projet. Pour avoir discuté avec certaines personnes dans ces Junior-Entreprises là, bien souvent les étudiants de l’école vous considèrent comme les « requins » alors que vous n’êtes même pas rémunérés… Paradoxal !
Au final, ce nouveau fonctionnement permettrait de libérer du temps pour que les administrateurs se penchent sur d’autres activités : refonte de processus et de documents types, exploitation optimale de SIAJE, nouveaux partenariats, nouveaux modes de prospection, etc.
Dans quelle direction pensez-vous que le mouvement des Junior-Entreprises pourrait s’orienter dans les prochaines années ?
Le mouvement des Junior-Entreprises est incontestablement aujourd’hui connu des entreprises mais pas toujours suffisamment reconnu. Le marché n’est pas saturé, bien au contraire. Les entreprises se tournent souvent vers nous soit par manque de temps ou de moyens humains et techniques, et pour des tâches qui ne sont pas très « techniques » (je parle au nom des Junior-Entreprises commerciales, cela est différent pour l’ingénierie et l’informatique). Elles restent assez réticentes à nous confier des projets stratégiques à l’échelle de l’entreprise dans son ensemble.
La CNJE a pour rôle de faire connaître le mouvement, de dispenser certaines formations, mais il appartient aux Junior-Entreprises en interne de développer des nouveaux outils d’analyse et de ne pas se limiter aux méthodologies classiques. Le marché du conseil est vaste (il suffit de voir le nombre de cabinets existants) et les Junior-Entreprises ont à mon sens un rôle plus important à jouer.
Ainsi dans les prochaines années (quand nous aurons tous un CDI j’espère), il faudrait que le concept « d’étudiant » ne soit plus du tout associé à la désinvolture ou à la suffisance, mais au talent et à la pensée « outside the box ».
Si vous aviez un seul conseil à donner à une Junior-Entreprise qui se lance en ce moment, quel serait-il ?
Le premier conseil serait de ne pas brûler les étapes. Certains ont repris les rênes de Junior-Entreprises au fonctionnement déjà rodé et opérationnel. Mais pour ceux qui se lancent dans le mouvement, il ne faut pas se précipiter et vouloir trouver directement des clients pour faire du CA.
La base de la structure doit se reposer sur un organigramme bien défini, si possible avec des processus écrits décrivant son fonctionnement, et surtout en adéquation avec nos obligations en tant que Junior-Entreprise. Une fois que les piliers sont en place (déclarations administratives, trésorerie, système qualité, etc.) vous pouvez commencer à vous pencher sur les problématiques commerciales. Mais rien ne sert de courir, une année sans CA n’est pas dramatique.
Un client satisfait vous recommandera facilement à son entourage et sera susceptible de refaire appel à vos services. Il faut donc savoir être rigoureux et surtout patient… puis n’hésitez pas à vous appuyer sur les conseils des Junior-Entreprises déjà bien ancrées dans le mouvement et ayant une forte expérience. Bon courage !
La plupart des Junior-Entreprises du mouvement sont tristes de ne plus vous voir aux congrès nationaux et envisagent de faire une pétition pour soutenir votre participation lors du prochain CNE. Quel est votre sentiment ?
Ce geste nous touche vraiment et nous espérons venir plus nombreux pour partager ce moment avec vous. Merci beaucoup ☺

Nous remercions l’EJE, la Junior-Entreprise de l’EDHEC, pour sa participation !! Si vous aussi vous souhaitez être interviewés sur notre blog, n’hésitez pas à nous contacter !
Tags: EDHEC Junior Etudes, Lille