Cette semaine, après les interviews des Junior-Entreprises de Centrale Lille (Centrale Lille Projets) et Centrale Nantes (Centrale Nantes Etudes) nous cédons la parole à Matthieu Gombeaud, président de Junior Centrale Etudes, la Junior-Entreprise de Centrale Paris :
Crée en 1969 lors de l’implantation de Centrale Paris sur le campus de Châtenay, Junior Centrale Etudes est membre fondateur de la CNJE.
Notre activité repose sur 4 pôles de compétence :
Nous sommes actuellement en train de développer un pôle Bilan Carbone qui viendra s’ajouter à ceux-ci. Nous sommes une équipe d’une vingtaine d’étudiants, essentiellement de première année et très motivés à l’idée de faire partie de l’aventure JCE commencée il y a plus de 40 ans.
Après une période où le CA atteignait plusieurs centaines de milliers d’Euros, l’activité avait fortement chuté ces dernières années. Depuis l’exercice 2010 elle reprend progressivement et nos objectifs de croissance à ce niveau sont ambitieux. Cette ambition nous semble d’autant plus légitime au vu des nombreux atouts dont dispose aujourd’hui JCE :
Notre priorité aujourd’hui est d’augmenter le CA tout en veillant à rester intransigeants vis à vis de nos exigences de qualité. Il nous faut pour cela séduire les élèves du campus ce qui nous demande beaucoup d’efforts de communication interne.
A moyen terme il nous faut pérenniser nos processus (notamment en termes de qualité) afin qu’une chute du CA comme celle des dernières années ne se reproduise pas. Enfin la réussite de déménagement de Centrale à Saclay sera l’une des préoccupations de mes successeurs.
Nous travaillons actuellement sur deux axes principaux ;
En interne, nous souhaitons renforcer nos relations avec la direction des études et les laboratoires de l’école. Par ailleurs nous allons entamer une campagne de communication sur le campus pour informer les centraliens sur notre activité et nos besoins.
En externe nous menons de front deux projets aux forts potentiels :
Le but de cette stratégie est bien entendu de répondre aux besoins des clients, des élèves-ingénieurs centraliens ainsi qu’à nos objectifs internes.
Ce partenariat s’est noué pour deux raisons : il existe une complémentarité naturelle entre nos deux Juniors Entreprises. L’EDHEC-JE a besoin de nos compétences en matière d’ingénierie et d’informatique et leur présence à nos côtés est intéressante dans l’optique d’appels d’offres pour d’importantes études de marchés. Nous souhaitons également échanger sur nos processus interne (formation, qualité, prospection, passations, etc…).
Enfin ce partenariat a pu voir le jour grâce aux bonnes relations entre les membres de nos équipes respectives et nos échanges seront je l’espère nombreux au cours des mois à venir.
Nous pensons qu’il faut faire attention à conserver l’esprit associatif qui fait le charme des Junior-Entreprises et à ne pas oublier l’aspect « Junior » : il doit y avoir une forte dimension pédagogique et presque ludique à travailler pour une Junior-Entreprise.
Dans ce cadre la CNJE demeure essentielle mais elle doit éviter de paraitre comme un carcan (les anciens de JCE que nous avons rencontrés lors de nos 40 ans ont été étonnés de notre relatif manque de liberté) et être plus proche des structures. Il n’est ainsi pas normal que nous n’ayons connaissance du résultat de notre audit que plusieurs mois après qu’il ait eu lieu et que personne au sein de la CNJE ne prenne la peine de nous téléphoner pour nous en expliquer les grandes lignes.
Pour répondre véritablement à votre question je dirai que les Junior-Entreprises répondent à un double besoin, des élèves et des entreprises. L’optimisme est donc de rigueur quant à leur avenir tant qu’elles sauront rester plus réactives et compétitives que d’autres structures.
J’espère également que les écoles sauront reconnaitre tout ce qu’apporte notre activité au sein d’une Junior-Entreprise à notre cursus, tout ce qui fait que nos associations sont si particulières…
Pour nous cette question ne se pose pas, elle n’est pas en accord avec l’esprit généraliste des écoles centrales des arts et manufactures. Pour d’autre structures c’est sans doute un bon choix, bien que risqué.
Commencez par poser des fondations solides pour votre Junior-Entreprise : sachez être patients et privilégiez la qualité avant de penser à faire du chiffre.

Cette semaine nous laissons la parole à Fabien Lazare, le président d’EDHEC Junior Etudes, la Junior-Entreprise de l’EDHEC :
Forte de ses 42 ans d’expérience, EDHEC Junior Etudes (EJE) réalise des prestations de conseil en stratégie marketing, audit, finance et création d’entreprise. Elle regroupe 48 membres répartis sur deux sites : Lille (bon ok Croix-Roubaix !) et Nice. De par notre proximité géographique et la provenance des étudiants (oui beaucoup de parisiens s’échouent dans le grand nord), nous pouvons aussi intervenir facilement sur la région Ile-de-France. EJE s’adapte au développement et au dynamisme du groupe EDHEC : 1ère école en finance, 2ème auprès des entreprises, et autres classements subjectifs (mais qui font quand même plaisir à nos egos) et bénéficie aujourd’hui d’une forte reconnaissance auprès des entreprises : demande croissante et fidélisation client améliorée.
Nous disposons également de la norme ISO 9001 depuis 2005, qui est un gage de qualité auprès de nos clients et qui nous permet d’améliorer notre fonctionnement interne par des processus très structurés. Ainsi, nous souhaitons poursuivre cette dynamique par le développement de notre chiffre d’affaires tout en conservant un niveau de qualité irréprochable.
Notre challenge actuel est de conserver le bien-être et l’épanouissement personnel des membres de l’association, malgré le développement de l’activité et l’investissement croissant nécessaire pour répondre à la demande.
D’une manière générale, les Junior-Entreprises souffrent d’une mauvaise réputation au sein de leur école : « requins », « polards », « no life », « geek » et autres termes, collent à la peau des Junior-Entrepreneurs. Cela n’est pas le cas dans notre école : EJE fait partie des plus grosses associations de l’EDHEC et chaque année plus de 200 candidats postulent pour en faire partie. Notre Junior-Entreprise est en train de franchir un cap (nombreux projets en interne et forte demande), ce qui oblige parfois les membres à tout mettre de côté. Or, ce n’est qu’à partir d’un équilibre entre l’investissement professionnel (au sein de la Junior-Entreprise) et l’épanouissement personnel (du cirage de bar en soirée, au concert de clarinette) que l’étudiant exprimera son meilleur potentiel.
Contrairement à la plupart des JE, ce sont les membres d’EDHEC Junior Etudes (administrateurs) qui sont le plus souvent les réalisateurs. Les enquêteurs extérieurs s’occupent uniquement des phases terrains « pénibles » (administration de questionnaires etc.). Si ce système a beaucoup d’avantages, il a surtout pour principal inconvénient de « brider » notre activité : les administrateurs ont moins de temps à consacrer pour développer la structure à travers divers projets.
Nous avons donc commencé à nous tourner d’avantage vers les étudiants extérieurs réalisateurs, mais il nous faut trouver désormais le juste milieu au niveau du partage des tâches car le problème de la formation se pose. Un conseil pour les ingénieurs : rémunérez les administrateurs ! Même s’il s’agit que d’un seul JEH peu élevé, cela est toujours gratifiant pour le chef de projet. Pour avoir discuté avec certaines personnes dans ces Junior-Entreprises là, bien souvent les étudiants de l’école vous considèrent comme les « requins » alors que vous n’êtes même pas rémunérés… Paradoxal !
Au final, ce nouveau fonctionnement permettrait de libérer du temps pour que les administrateurs se penchent sur d’autres activités : refonte de processus et de documents types, exploitation optimale de SIAJE, nouveaux partenariats, nouveaux modes de prospection, etc.
Le mouvement des Junior-Entreprises est incontestablement aujourd’hui connu des entreprises mais pas toujours suffisamment reconnu. Le marché n’est pas saturé, bien au contraire. Les entreprises se tournent souvent vers nous soit par manque de temps ou de moyens humains et techniques, et pour des tâches qui ne sont pas très « techniques » (je parle au nom des Junior-Entreprises commerciales, cela est différent pour l’ingénierie et l’informatique). Elles restent assez réticentes à nous confier des projets stratégiques à l’échelle de l’entreprise dans son ensemble.
La CNJE a pour rôle de faire connaître le mouvement, de dispenser certaines formations, mais il appartient aux Junior-Entreprises en interne de développer des nouveaux outils d’analyse et de ne pas se limiter aux méthodologies classiques. Le marché du conseil est vaste (il suffit de voir le nombre de cabinets existants) et les Junior-Entreprises ont à mon sens un rôle plus important à jouer.
Ainsi dans les prochaines années (quand nous aurons tous un CDI j’espère), il faudrait que le concept « d’étudiant » ne soit plus du tout associé à la désinvolture ou à la suffisance, mais au talent et à la pensée « outside the box ».
Le premier conseil serait de ne pas brûler les étapes. Certains ont repris les rênes de Junior-Entreprises au fonctionnement déjà rodé et opérationnel. Mais pour ceux qui se lancent dans le mouvement, il ne faut pas se précipiter et vouloir trouver directement des clients pour faire du CA.
La base de la structure doit se reposer sur un organigramme bien défini, si possible avec des processus écrits décrivant son fonctionnement, et surtout en adéquation avec nos obligations en tant que Junior-Entreprise. Une fois que les piliers sont en place (déclarations administratives, trésorerie, système qualité, etc.) vous pouvez commencer à vous pencher sur les problématiques commerciales. Mais rien ne sert de courir, une année sans CA n’est pas dramatique.
Un client satisfait vous recommandera facilement à son entourage et sera susceptible de refaire appel à vos services. Il faut donc savoir être rigoureux et surtout patient… puis n’hésitez pas à vous appuyer sur les conseils des Junior-Entreprises déjà bien ancrées dans le mouvement et ayant une forte expérience. Bon courage !
Ce geste nous touche vraiment et nous espérons venir plus nombreux pour partager ce moment avec vous. Merci beaucoup ☺

Nous remercions l’EJE, la Junior-Entreprise de l’EDHEC, pour sa participation !! Si vous aussi vous souhaitez être interviewés sur notre blog, n’hésitez pas à nous contacter !